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Le mythe des 60 g de glucides par heure en trail et ultra

Pourquoi la règle des 60 g/h est une simplification excessive, quand elle fonctionne, et comment adapter réellement sa stratégie glucidique en course longue.

Published January 9, 20263 min read659 words
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Le mythe des 60 g de glucides par heure

En nutrition sportive, peu de chiffres sont aussi répétés que celui-ci :
“Il faut consommer 60 g de glucides par heure.”

On le retrouve partout :

  • dans les plans d’entraînement,
  • dans les recommandations de marques,
  • dans les discussions entre coureurs,
  • et même chez certains coachs.

Mais comme beaucoup de règles simples, elle est à la fois vraie… et dangereusement réductrice.


D’où vient la règle des 60 g/h ?

Cette recommandation ne sort pas de nulle part.

Elle vient initialement :

  • d’études sur l’absorption intestinale du glucose,
  • réalisées en laboratoire,
  • sur des efforts continus,
  • à intensité stable,
  • souvent sur vélo ou tapis.

Le constat était simple :
👉 le transporteur intestinal du glucose sature autour de 60 g/h.

Donc :

Si tu consommes plus, tu n’absorbes pas plus… et tu risques surtout des troubles digestifs.

À ce stade, la règle est scientifiquement valide.


Le premier problème : elle suppose un effort constant

En trail et en ultra, l’effort n’est jamais constant.

On alterne :

  • montées lentes à forte sollicitation musculaire,
  • descentes excentriques,
  • phases marchées,
  • ravitos,
  • arrêts,
  • relances.

👉 Résultat : les besoins énergétiques fluctuent énormément, parfois d’un facteur 2 ou 3 d’une section à l’autre.

Parler d’un chiffre fixe “par heure” dans ce contexte est déjà une approximation.


Le deuxième problème : elle ignore la tolérance digestive

Deux coureurs, même gabarit, même allure, même course :

  • l’un digère 80–90 g/h sans souci,
  • l’autre explose à 45 g/h.

Pourquoi ?

  • entraînement digestif,
  • type de glucides,
  • ratio glucose/fructose,
  • stress,
  • chaleur,
  • fatigue cumulative.

👉 La limite n’est pas physiologique, elle est souvent digestive.


Le troisième problème : elle confond minimum, cible et maximum

C’est là que le “mythe” devient vraiment problématique.

Beaucoup de coureurs interprètent :

  • 60 g/h comme un objectif à atteindre
  • voire comme un minimum obligatoire

Alors qu’en réalité :

  • c’est souvent un plafond théorique pour un type de glucide donné,
  • dans un contexte très précis.

Résultat :

  • surconsommation inutile,
  • écœurement,
  • troubles GI,
  • abandon… alors que l’énergie était suffisante.

En trail long, la vraie question n’est pas “combien par heure”

La vraie question est plutôt :

Combien dois-je consommer sur cette section précise, compte tenu de son effort, de sa durée et de ce que je peux transporter ?

Un faux plat roulant de 45 min ≠
une montée de 1h30 ≠
une section de nuit déjà entamée après 8 heures de course.

👉 Raisonner par heure est pratique.
👉 Raisonner par section est beaucoup plus pertinent.


Ce qui fonctionne mieux que la règle des 60 g/h

Sans tomber dans la sur-complexité, une approche plus réaliste consiste à :

  • accepter une plage de glucides, pas un chiffre unique,
  • ajuster selon :
    • l’intensité réelle,
    • la durée de la section,
    • l’accès à l’eau,
    • l’état digestif du moment,
  • distinguer :
    • ce qu’on peut absorber,
    • ce qu’on doit consommer,
    • ce qu’on peut transporter.

👉 Parfois, manger moins est une meilleure stratégie.


Alors, faut-il oublier complètement les 60 g/h ?

Non.

Mais il faut arrêter de les traiter comme une loi universelle.

Les 60 g/h sont :

  • un repère historique,
  • une base de discussion,
  • pas une stratégie nutritionnelle complète.

En trail et en ultra, la meilleure stratégie est celle que tu peux tenir longtemps, physiquement et digestivement.


À retenir

  • 60 g/h n’est ni faux, ni magique.
  • Le danger vient de son application rigide.
  • Le trail exige une nutrition adaptative, pas une règle fixe.
  • Mieux vaut une stratégie imparfaite mais tenable qu’un plan “optimal” intenable.

La nutrition en course n’est pas un chiffre à respecter.
C’est un équilibre à maintenir.

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