Faut-il vraiment prendre des électrolytes en trail ?
Sur un trail, on parle beaucoup de glucides…
mais l’hydratation et le sodium sont souvent encore plus mal compris.
Entre :
- ceux qui ne prennent que de l’eau,
- ceux qui ajoutent des électrolytes “au cas où”,
- et ceux qui empilent boisson + capsules + gels salés,
la question n’est pas faut-il prendre des électrolytes ?
mais plutôt :
Dans quelles situations les électrolytes sont utiles, et à quelle dose pour MA course ?
Électrolytes : de quoi parle-t-on exactement ?
Les électrolytes sont des minéraux dissous dans les liquides corporels.
En trail, on retrouve surtout :
- Sodium (Na⁺) → le plus important
- Potassium
- Magnésium
- Calcium
👉 En pratique, 90 % de la réflexion tourne autour du sodium.
Les autres électrolytes jouent un rôle secondaire dans la performance en course.
À quoi sert vraiment le sodium en course ?
Le sodium ne sert PAS à :
- ❌ éviter directement les crampes
- ❌ donner de l’énergie
Son rôle principal est de :
- ✅ maintenir l’équilibre hydrique
- ✅ faciliter l’absorption de l’eau
- ✅ limiter la dilution du sang quand on boit beaucoup
👉 Le vrai risque en trail long n’est pas “manquer de sel”,
👉 mais boire beaucoup d’eau sans assez de sodium.
C’est souvent ce combo qui mène à :
- ballonnements
- nausées
- sensation de “ventre plein”
- baisse de forme inexpliquée
Dans quels cas les électrolytes sont utiles ?
Trail court (< 2h)
👉 Généralement inutile
- pertes limitées
- réserves suffisantes
- eau seule = OK
Trail intermédiaire (2–4h)
👉 Dépend du contexte
Électrolytes intéressants si :
- chaleur
- sudation importante
- allure soutenue
- boisson très diluée
Sinon, le sodium des aliments et des ravitos suffit souvent.
Trail long / ultra (> 4–5h)
👉 Quasi toujours pertinent
Pourquoi ?
- pertes cumulées importantes
- dérive progressive de l’hydratation
- risque d’erreur qui augmente avec la durée
⚠️ Pertinent ne veut pas dire “plus = mieux”.
Combien de sodium par heure en trail ?
Il n’existe aucun chiffre universel.
Mais on peut définir des zones de fonctionnement réalistes.
Fourchettes de sodium (par heure)
-
Conditions fraîches / faible sudation
👉 300–500 mg / h -
Conditions tempérées / trail long
👉 500–800 mg / h -
Chaleur / forte sudation / ultra
👉 800–1000 mg / h
👉 Dépasser 1000 mg/h est rarement utile et souvent contre-productif :
- goût écœurant
- troubles digestifs
- sensation de lourdeur
Pourquoi les règles “1 pastille par flasque” sont trompeuses
Sur une même course, deux coureurs peuvent avoir :
- 💧 0,4 L/h vs 0,9 L/h de sueur
- 🧂 une sueur peu salée vs très salée
- 🍌 une nutrition solide vs quasi liquide
👉 Même parcours, besoins totalement différents.
Le sodium ne se raisonne pas “par flasque”
mais par heure, en lien avec l’eau et les glucides.
Les erreurs classiques avec les électrolytes
❌ Surdoser “pour être sûr”
➡️ boisson imbuvable
➡️ rejet digestif
➡️ arrêt de l’hydratation
❌ Additionner sans compter
Boisson + gels + capsules
➡️ sodium doublé (ou triplé) sans s’en rendre compte
❌ Boire beaucoup sans sodium
➡️ dilution progressive
➡️ ventre qui gonfle
➡️ baisse de performance
Comment décider concrètement pour TA course ?
Pose-toi ces 4 questions simples :
- Combien de temps vais-je courir ?
- Combien d’eau vais-je boire par heure ?
- Est-ce que je transpire beaucoup / salé ?
- D’où vient mon sodium ?
- boisson
- gels
- alimentation solide
- capsules
👉 Ensuite, tu ajustes le sodium par heure, pas à l’aveugle.
Exemple concret : trail 60 km – 8 h
- Hydratation : 600 ml/h
- Cible sodium : ~700 mg/h
- Boisson : 400 mg/h
- Gels / solide : 200 mg/h
➡️ Complément éventuel : ~100 mg/h
➡️ Largement suffisant, sans surcharger
Pourquoi planifier eau + sodium à l’avance change tout
Le jour J, tu n’as pas envie de :
- recalculer
- improviser au ravito
- corriger une erreur trop tard
Structurer ta course par sections permet de :
- visualiser où tu bois
- savoir combien de sodium tu absorbes
- anticiper les zones à risque (chaleur, longues portions sans ravito)
👉 C’est exactement ce que permet le
planner de course :
aligner hydratation, sodium et effort, section par section, avant même de prendre le départ.
À retenir
- Les électrolytes ne sont ni obligatoires, ni magiques
- Le sodium est le paramètre clé à surveiller
- Les besoins varient énormément selon le coureur et la course
- Trop de sodium est aussi problématique que pas assez
- Une stratégie testée vaut toujours mieux qu’une règle générique
Pour aller plus loin
- Hydratation en trail : combien boire vraiment ?
- Le mythe des 60 g de glucides par heure
- Éviter les problèmes digestifs en course
👉 Comprendre → tester → ajuster
et utiliser les bons outils pour éviter l’improvisation le jour J.
